Les ailes du papillon

Vendredi dernier dans l’après-midi, d’un coup, le quart des gens de mon étage se précipite à la fenêtre. Et au bout de 5 secondes, ça commence à parler très fort, un peu comme pendant une pause. On entend des bribes de commentaires comme “il y a de la fumée qui sort là-bas!”, “Qu’est-ce qui se passe ?” ou bien “Mais non, c’est juste une bouche d’aération!”.

On est au septième étage de l’immeuble, avec une vue presque imprenable sur l’hôtel Okura, sur l’ambassade américaine et sur une antenne de l’imprimerie nationale.

Des collègues vont voir ce qui se passe. Les gens (une trentaine de personnes ?) à la fenêtre ont carrément basculé vers le mode “Petite pause tranquille à papoter”. Un collègue ouvre son portable et commence à consulter les infos sur oneseg.

Une collègue revient de la fenêtre et annonce le pourquoi du mouvement: “Il paraît qu’il y a eu un attentat contre l’ambassade américaine”. Ah. -T’as vu quelque chose ? -Non, rien.

Le gars qui consultait oneseg relève la tête et annonce: c’est vrai, il y a eu un attentat contre l’ambassade américaine. A Athènes. Ça a bien fait rire les gens autour pendant 5 secondes. Puis la petite pause tranquille a continué pendant 5 à 10 minutes pour s’évanouir peu à peu.

Vous avez vu des images de l’attentat? Les gars ont cassé une fenêtre. Avec un bazooka. C’est la cinquième dimension ou quoi? Les terroristes auraient fait plus de dégâts en lançant le bazooka sur l’ambassade qu’en tirant un obus.

Et donc, moi j’admire l’enchainement des faits; des cons cassent une fenêtre à Athènes, 30 personnes prennent une pause à Tokyo.

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